Les roches de l'Ailly

Voici les roches de l'Ailly. Celles pour lesquelles le phare a été construit.
Elles affleurent à peine ou se trouvent juste sous la surface de l'eau.
Un bateau qui se risquerait trop près de la falaise serait immédiatement déchiqueté par leurs arrêtes meurtrières.

Plus près de la falaise, on les voit encore bien. Certaines sont énormes et n'ont rien à voir avec le calcaire tombé des falaises. Elles sont noires et dures et étaient déjà là il y a 120 ans lors du naufrage du vapeur Victoria qui assurait la liaison Dieppe-Newhaven.

Nous nous sommes promenés le long de ces falaises. Il faisait nuit et une toute petite lune les rendait impressionnantes par éclipses. Le phare promenait son regard sur la mer, houleuse sous la pluie.

D'autres que nous sont venus ici. Ils ont écrit à la craie sur le mur ou ont gravé dans la paroi blanche leurs initiales, des coeurs, parfois leurs prénoms. Il y en a des centaines entre les rangs de silex bleu.

Nous avons laissés d'autres traces, invisibles à celui qui regarde, mais si présentes pour celui qui ressent. Des traces si fortes qu'elles m'ont saisie lorsque je suis revenue prendre ces photos.

Viking, je te dédie ce billet. Tu pars et je reste. Ici, dans le pays de Caux, la mer et le rivage jouent à chaque marée. La mer prend sans cesse des petits morceaux de Normandie et le calcaire blanchit l'eau comme nulle part ailleurs.
Ici, à l'Ailly, plus que nulle part ailleurs, on voit que l'eau et la craie sont intimement mêlés et nous savons que chacun d'eux gardera profondément la trace de l'autre jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de mémoire pour s'en souvenir.

Mise au point

Je n'avais pas prévu de faire autant de cuisine sur ce blog. Mais le conflit sur les retraites paralyse toujours la Normandie, si bien que je ne me ballade pas beaucoup dans notre belle province en ce moment.

Vous ne vous étonnerez pas de trouver de temps en temps des articles issus du défouloir, mais pas toutes à la suite les unes des autres. Je pense particulièrement à la série sur l'histoire du Bec Hellouin qui avait été piratée par des spameurs japonais, mais aussi des photos qui sont des endroits ordinaires, mais qui profitent parfois d'une lumière particulière ou qui m'apparaissent un jour comme différents. C'est toujours la Normandie.
J'y ajouterai des pages d'histoire, car une terre n'est pas faite que de paysages. Elle est faite du sang et de la sueur de ceux qui nous ont précédés dans ces lieux.

Ceux qui me connaissent un peu savent que je n'ai pas de plan établi à l'avance, mais que je vais où le hasard et mes envies me poussent.
A bientôt, donc, mais toujours en Normandie.

Cochon au cidre

J'ai récemment publié un article sur le cochon. S'il vous arrive d'en avoir un morceau, voici une recette pour l'accommoder.

Il faut, bien entendu, un morceau de cochon, mais cette recette peut aussi se faire avec du porc, plus facile à trouver. Si on utilise du cochon sauvage, il est recommandé de le laisser quelques semaines au congélateur à -21° pour tuer d'éventuelles larves de trichinellose. Il arrive que dans la nature, certains cochons mangent des rats, hôte habituel de ce ver indésirable. Bien que ce soit quand même très rare, on n'est jamais trop prudent.

On se procurera les légumes suivants :
- une carotte
- une branche de celeri
- une échalote
- un oignon
- une botte de petits oignons blancs avec leurs queues.
- quelques gousses d'ail
On épluche et on coupe tous ces ingrédients en morceaux. La quantité dépend évidemment de la taille du morceau de cochon qu'on peut avoir.

Pour aromatiser :
- huile d'olive
- thym ou sarriette
- laurier
- origan
- sel et poivre du moulin
- le zeste d'une orange non traitée

Pour mouiller :
une bouteille de cidre brut.
Si le morceau de cochon est important, on adaptera la quantité de cidre, il se peut qu'il y en ait besoin d'une seconde bouteille.

On met un peu d'huile d'olive dans une cocotte en fonte et on y fait transpirer les légumes auxquels on ajoute les aromates, le sel et le poivre en quantité suffisante.
On donne quelques tours de touillette en bois et on retire de la cocotte.

A la place, on met le morceau de cochon, qu'on recouvre du cidre et des légumes.
Laisser cuire à couvert à feu très doux pendant 3 heures.
Retirer la viande et écraser les légumes dans ce qui reste avec un presse-purée de manière à faire une sauce. Retirer le laurier. Si vous l'aimez bien lisse, il est possible de la mixer. adapter la consistance à votre goût en laissant plus ou moins de jus de cuisson avec les légumes.
Cuite de cette manière, la viande est bien tendre.
Des pommes de terre vapeur boiront l'excédent de sauce en restant discrètes au goût.

Cette recette étant sortie de mon cahier personnel, je n'ai pas de photos pour l'accompagner et j'avoue ne l'avoir réalisée qu'une seule fois. Un boucher s'était occupé de découper le cochon, tué par une voiture, contre la moitié de l'animal, ramené dans le camion.

Le cochon

Comme je vois que le cochon inspire beaucoup certains de mes lecteurs, je vais donc parler du cochon.

Ce qu'on appelle le cochon, ici, en forêt de Beaumont le Roger, dans l'Eure, c'est ce que tous les autres appellent le sanglier.

Le cochon a cela de particulier qu'il est responsable de beaucoup d'accidents de la route. Il traverse inopinément sans prêter la moindre attention aux voitures qui circulent et il faut parfois une bonne maitrise pour l'éviter.

Il y a de ça quelques années, l'un d'eux, un magnifique mâle, m'a abordé du côté gauche, a emporté mon rétroviseur et rebondi sur mes portières, cabossant ma voiture sur toute la longueur. Je précise que ça ne l'a pas arrêté. Après une cabriole sur la route, il est reparti en courant tout aussi vite. J'ai ramassé mes morceaux et je suis rentrée chez moi.

Certaines voitures ne repartent pas. Je ne poste pas de photos, il y a assez d'endroits sur le web où trouver ces étalages de carrosseries tordues entremêlées des victimes de la collision, car bien souvent, le cochon y laisse sa peau.

Si ça arrive, évitez de faire comme ces inconscients qui croyaient avoir tué un sanglier sur la route et l'ont mis dans leur voiture pour le ramener chez eux. En cours de route, ils se sont arrêtés sur le parking d'un supermarché pour aller faire quelques courses et lorsqu'ils sont revenus, le sanglier, seulement étourdi, s'était réveillé, avait dévasté tout l'intérieur de la voiture et se trouvait toujours à l'intérieur, très énervé.

Celui-ci me surveillait tandis que je prenais des photos du monument élevé à la place de la chapelle Saint Blaise de Sébécourt, en pleine forêt, au mois de mai dernier.

On voit surtout des genêts. Je me disais qu'il allait peut-être s'approcher, alors je me suis installée dans la voiture, mais aussitôt la portière fermée, lorsque j'ai de nouveau regardé au delà de ces genêts, il avait disparu.

Le sanglier se méfie des humains et il a bien raison.

Poulet vallée d'Auge 2

Vendredi, je vous ai proposé la véritable recette du poulet vallée d'Auge. Il se trouve qu'aujourd'hui, dimanche, c'était le bon jour pour cuisiner ce poulet.
Le temps est pluvieux, le carburant est toujours introuvable, une occupation dans la cuisine était donc toute indiquée.

Il est maintenant sur la table prêt à être mangé.


Les puristes remarqueront que la crème est à la limite de tourner en beurre. Il y avait un compromis à faire entre la cuisson parfaite du poulet et la consistance de la crème.

Le poulet est mangé, et il était parfait. Je n'ai même pas eu envie de dessert après.

Poulet vallée d'Auge

Le poulet Vallée d'Auge est un plat traditionnel normand.
Il fait partie de la cuisine des jours de fêtes et des dimanches. La cuisson en est lente et de ce fait, le poulet est confit dans la crème.
Pour réussir cette recette, il faut oublier les auto-cuiseurs et préférer les bonnes vieilles cocottes de nos grand-mères. Oubliez aussi les volailles prêtes à cuire des supermarchés, le résultat serait décevant, non seulement au goût mais à la tenue.
Je vous conseille, en outre, une crème fermière bien épaisse. Pas de crème en conserve, pas de crème allégée, pas de crème à fouetter.

Pour cette recette, donc, voici les ingrédients :
- un poulet fermier détaillé en morceaux.
- un kilo de champignons de Paris frais.
- environ 750 cl de crème fraiche épaisse.
- du beurre.
- une pincée de sel.

On commence par les champignons. Ils sont cuits séparément. En effet, ils sont gorgés d'eau et le poulet serait bouillonné et non confit si on mettait tout ensemble.
On choisit des champignons de Paris, jeunes et bien fermes. S'ils sont très sale, on les passe sous l'eau tant qu'ils sont entiers et on les sèche avec du papier essuie-tout. On ôte la partie sableuse du pied et on détaille en morceaux ou en lamelles, comme on préfère.
Dans une poêle, on les fait suer à cru tout doucement sur le feu, sans rien ajouter, pour qu'ils rendent leur eau, c'est assez long. Pendant ce temps, on s'occupe du poulet.

Dans une cocotte, on fait dorer dans du beurre les morceaux de poulet, sur feu vif. puis on fait flamber avec un demi verre de calvados, on ajoute le sel et on retire du feu.
A ce moment, on recouvre entièrement le poulet de crème, puis on remet la cocotte, couverte, sur un petit feu doux de 30 à 40 minutes. Surveillez que la crème ne se défait pas. Elle doit rester homogène. Si des taches apparaissent, le feu est trop fort.

Quand toute l'eau des champignons est évaporée, on ajoute du beurre et on fait cuire à feu très doux. Puis on met de côté.
Pour servir, on met le poulet délicatement sur un plat, entouré des champignons, et on nappe avec la sauce. La photo de ce poulet vallée d'Auge ICI.
Traditionnellement, on n'accompagne cette recette d'aucun légume, les champignons suffisent, mais on peut faire du riz, qui sera délicieux avec la sauce (ou une poignée de haricots verts extra fins si on ne veut pas passer toute l'après-midi affalé dans le canapé à digérer !)

Bon appétit et à vendredi prochain !

La lanterne d'Ailly

Il fait encore jour, mais pas pour longtemps. Bientôt, le ciel s'obscurcira et il y aura une lueur verte dans la tour. Pâle, timide, immobile pendant plusieurs minutes, puis, doucement, un rayon se formera, vert, puis jaune et enfin blanc et le phare se mettra à tourner, pour ne plus s'arrêter jusqu'au matin.
Il veille sur les marins qui s'approchent des terribles roches de l'Ailly, et sur les amants qui s'aventurent dans les valleuses main dans la main, ne craignant pas la nuit qu'il déchire de son éclat puissant.

Automne

Puisque les déplacements sont limités, voici quelques images du sud-ouest de l'Eure, dans la forêt de Beaumont le Roger, où on peut se rendre à pieds en espérant ne pas être pris pour cible par les chasseurs qui sont loin d'être aimables lorsqu'on se risque à passer dans ce qu'ils pensent être leur territoire exclusif.
J'ai d'ailleurs un anorak très voyant, de plusieurs couleurs fluorescentes que je réserve aux promenades d'automne en forêt et qui n'ont rien à voir avec les superbes tons des feuilles en cette saison.
Admirez-les, je vous fais grâce de l'anorak.





Et, en rentrant, quoi de plus sympa qu'une petite flambée dans la cheminée pour se réchauffer ?

Pénurie de carburant

La Normandie est la première région touchée par la pénurie de carburant engendrée par le blocage des dépôts de carburant par les syndicats de grévistes qui protestent contre la réforme des retraites.

Je ne vais pas prendre position pour savoir qui a tort ou qui a raison. Comme on le sait, c'est un problème épineux et il va falloir que certains fassent des concessions pour que d'autres puissent simplement se nourrir après une vie de travail. Mais ce n'est pas ici le lieu de débat et je ne souhaite qu'une chose, c'est que ceux qui créent la pénurie se rendent compte que beaucoup de secteurs sont touchés par ce manque.
L'infirmière a arrêté d'aller faire les soins à domicile, faute de pouvoir s'y rendre. En cas d'urgence, les personnes âgées isolées qui dépendent de ses visites n'ont même pas la ressource d'appeler un médecin, la pénurie de médecins touche la région depuis déjà bien longtemps.

Les deux dépôts pétroliers de Basse-Normandie, à Caen et Ouistreham sont bloqués. L'accès au dépôt pétrolier du Mans est bloqué par les routiers, en grève aussi et Saint-Pierre des Corps est paralysé. Ce week-end, il n'y avait pas de carburant en Normandie.
Aujourd'hui, 18 octobre 2010, certains supermarchés ont réapprovisionné leurs stations dans les plus grandes villes. Pour combien de temps ? A 18 heures, j'avais la réponse, les cuves ont été vidées en moins de deux heures. Les gens sont fous.

La teurgoule


Je ne prétends pas détenir la vraie recette de la teurgoule, car, comme on dit ici, il y a autant de façons de faire que de familles. Je propose donc cette recette, qui m'a été enseignée par une Normande et qui mérite vraiment son nom de teurgoule, car en normand, la goule, c'est la bouche, et c'est tellement bon qu'on ne peut pas s'empêcher d'y goûter alors qu'elle sort juste du four. On se tord la goule de chaud, mais c'est bon !

Il faut :
1 litre de lait entier.
25 cl de crème entière.
100gr de riz rond.
100gr de sucre, roux si possible.
1 cuillerée à soupe rase de cannelle (une autre version utilise de la vanille, c'est délicieux aussi).
1 pincée de sel.

Mettre tout ce qui est sec ensemble, le riz, le sucre, le sel, la cannelle dans une jatte en grès. On peut aussi prendre un plat en pyrex mais le grès en prenant une partie de la chaleur et en la répartissant assure une cuisson parfaite à la teurgoule. D'ailleurs, il se fabrique des moules à teurgoule, en grès, qui ne servent qu'à ça.

On mélange bien.

Ensuite, on fait chauffer le lait. On y ajoute la crème et on verse sur les ingrédients secs qui se trouvent dans la jatte. On ne remue pas.

La teurgoule se cuit à four chaud à 250° pendant une heure, puis on baisse la température à 120° pendant encore une heure, enfin, on réduit à 60° et on laisse encore pendant 3 heures.

Ce n'est pas un dessert minute, mais ça vaut le détour. Dans les siècles passés, la teurgoule était mise avec le pain, et bénéficiait de la chaleur rendue par le four pendant plusieurs heures.

Bon appétit et à vendredi prochain pour un autre délice normand.

La Confrérie de la Teurgoule et Fallue de Normandie.


Barc, saint Crépin saint Crépinien

Saint Crépin et saint Crépinien sont les saints patrons de l'église de Barc. Ils sont deux et un vitrail leur est consacré sur une verrière au sud du choeur.
L'église est malheureusement fermée, comme d'habitude, sans doute pour éviter les vols, nombreux dans les édifices religieux, l'église catholique n'ayant pas fait voeu de pauvreté.


Il y a quelques années, il y avait une petite croix sur la pointe de la façade ouest. Menaçant de tomber, elle a été démontée. Cette façade est crépie. Une stupidité, car ce crépi, comme tous les crépis, a mal vieilli et donne à ce monument une teinte grisâtre du pire effet. De même, le muret qui entoure le cimetière, a été sablé et les creux bouchés avec du mortier, alors qu'il s'y trouve de nombreux graffitis laissés par les pèlerins. Barc a été des années durant le lieu d'un pèlerinage à saint Benoit.

On mesure mieux l'importance de la tour qui sert de clocher, sur cette vue au soleil couchant. Elle devait être surmontée d'un toit en pierre. Sans doute que les fonds ont manqué, car elle a d'abord été couverte d'un toit à deux pentes, puis par cette petite toiture pointue que nous appelons familièrement le chapeau de clown.
En bas, à droite, une croix de cimetière en fer forgé, classée monument historique.
A sa place, il y a 300 ans, se dressait un if millénaire remarquable.

Deux détails de la tour. Un animal qui semble être un âne et sans doute un musicien.

De nombreux détails parsèment cette église. Tant à l'intérieur que dehors. Ils viendront en leur temps.

Saint Aubert


En 708, Aubert, évêque d'Avranches, vit en rêve l'archange Michel, lequel lui aurait commandé d'aller sur le Mont Tombe, un îlot rocheux au milieu de la baie, et d'y construire un sanctuaire qui lui serait dédié.
Se réveillant, Aubert pense qu'il a juste rêvé, d'ailleurs, il ne se voit pas aller sur le rocher et édifier une église en lieu et place des mégalithes qui s'y trouvent depuis de nombreux siècles.
Le lendemain, malheureusement, Aubert fait de nouveau le même rêve. L'archange insiste. Aubert fait la sourde oreille. Depuis belle lurette, aucune intervention divine n'a eu lieu et ce serait bien le diable (justement, on se demande...) si lui, Aubert, était l'interlocuteur choisi pour un message de ce genre.
Le troisième jour, Aubert reçoit de nouveau la visite de l'archange. Il s'énerve. "ça me troue le c... !" mais comme Aubert est poli, il ne peut pas dire le mot qui commence par c et finit par l qu'on dit dans ce cas là et il s'exclame donc : "ça me troue le crâne !"
L'archange n'attendait que ça. Pour ponctuer sa demande, il pointe un doigt vers la tête du malheureux Aubert qui pris de panique tenta de s'enfuir. Trop tard ! Michel avait enfoncé son index, creusant un trou dans l'os du prélat dont la cervelle se trouvait à présent aérée.
Il va sans dire qu'il n'attendit pas une quatrième nuit et fila sur le Mont Tombe pour y installer à la hâte un sanctuaire dans une grotte jusqu'alors consacré à un culte païen.
Il installa quelques chanoines pour veiller sur le sanctuaire et en octobre 709, une première église est construite.
En 966, des Bénédictins remplacent les chanoines et commencent l'édification d'une abbaye qui sera terminée en 1228. C'est ainsi que les Chrétiens se sont appropriés un haut lieu du paganisme celte pour y asseoir leur culte à Saint Michel.

En illustration, le crâne, dit de Saint Aubert, dans sa châsse.

Normandie


On parle toujours de la Normandie en désignant vaguement une région au nord-ouest de la France entre la Bretagne et Paris.
Administrativement, il y a deux Normandies, la haute et la basse.
C'est une séparation arbitraire et sans délimitation géographique.
Il m'arrive d'aller dans l'Orne ou le Calvados, pas loin de chez moi et je ne vois pas de changements dans le paysage.

Normandie signifie pays des hommes du nord, du norrois nordmaðr, homme du nord, et du suffixe -ie, usuel en France.
C'est un nom qui a été donnée au territoire cédé par Charles le Simple à Rollon à Saint-Clair sur Epte en 911 en contrepartie de l'arrêt des raids et des pillages auxquels se livraient les vikings en Neustrie, ancienne dénomination de la Normandie .
D'abord duché, puis province, la Normandie est restée avec ses limites du dixième siècle. Véritable état dans l'état, les ducs de Normandie n'en faisaient qu'à leur tête et le roi de France n'avait là qu'une autorité théorique qu'il ne cherchait d'ailleurs pas à exercer.

A la révolution de 1789, cinq départements ont été créés. Deux pour la Haute Normandie, l'Eure et la Seine Maritime et trois pour la Basse Normandie, le Calvados, la Manche et l'Orne.

Il s'est passé beaucoup de choses en Normandie, j'en parlerai au fur et à mesure. Pour le moment, je vous laisse avec quelques symboles de la Normandie réunis sur la même image, la mer, des vaches, et une chaumière pour une petite ambiance sympa.

Les phares de l'Ailly

Voici le premier phare construit sur la falaise du cap d'Ailly. Celui qui s'y trouve actuellement est le troisième.

Cette première tour date de juillet 1775, on l'appelle alors phare Vauban, ou encore, phare Pompadour. Il est mis en service le 1er novembre de la même année.

Construit à 156 mètres du bord de la falaise, le phare d'Ailly avertit les marins du danger des rochers du pied de la falaise.
Sa hauteur totale est de 18 mètres, la hauteur de la lanterne est de 5 mètres.

Pendant près de deux siècles, il va veiller sur la sécurité des bateaux qui abordent le port de Dieppe. Le recul de la falaise menace pourtant, si bien qu'une seconde tour sera construite, qui sera dynamitée pendant la seconde guerre mondiale. Puis une troisième sera édifiée, que l'on peut actuellement visiter.

La mer est impitoyable. Les bâtisseurs du phare de 1775 avaient pris du recul, et pourtant, en 1960, le phare est au bord de la falaise. On le croyait impossible à abattre, invincible, éternel. La première tour d'Ailly était l'orgueil des Dieppois et de tous les alentours.
Pendant quatre ans, il résistera, puis s'effritera et finira par tomber au pied de la falaise, vaincu.
En 1968, il a totalement disparu.

Il en est de tout comme de ce phare, et même des hommes. Même ceux qui se sont trouvés un jour les plus forts, les plus glorieux et les mieux aimés, finissent par tomber et nul ne peut rien y changer.





Le phare de l'Ailly. Article d'origine publié le 23 novembre 2009 sur le défouloir de Krn.

Barc


Toujours la nuit, l'église, prise au clair de lune, en pause, avec beaucoup de chance, car le grand-duc qui loge dans le clocher n'a pas troublé le cliché et le trou-duc qui habite en face non plus.

l'Ailly

Le troisième phare de l'Ailly au moment de son allumage, photo prise le 6 avril 2010 à 22h30.
Ceux qui sont passés par le défouloir ne seront pas dépaysés. Bonjour à eux.